Lorsque le diagnostic tombe ou que les difficultés s’installent à l’école, on se retrouve vite confronté à une myriade d’acronymes : PAI, PAP, PPS, PPRE… Derrière ces lettres se cachent des dispositifs très différents, qui ne s’adressent pas aux mêmes enfants et n’offrent pas les mêmes droits.
Pour vous aider à y voir plus clair, nous en avons décortiqué 4.
Quel est celui qui correspond aux besoins de votre enfant ?
Comment le mettre en place ?
1. Le PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Éducative)
C’est quoi ? C’est le dispositif de « première ligne ». Il est généralement temporaire et cible une difficulté scolaire précise (souvent en français ou en mathématiques) pour éviter que l’élève ne décroche.
- Pour qui ? Les élèves qui risquent de ne pas maîtriser certaines connaissances du socle commun.
- Qui le demande ? C’est souvent l’équipe pédagogique (les professeurs) qui le propose, mais les parents peuvent en parler au directeur.trice ou au professeur.e principal.e.
- Concrètement : C’est un contrat écrit avec des objectifs à court terme (ex: « Soutien intensif en lecture pendant 6 semaines », « Stage de remise à niveau »).

L’avis de Dysficultes.fr : Le PPRE est souvent insuffisant pour un trouble Dys durable. C’est un « coup de pouce », pas une solution de fond pour un trouble cognitif.
2. Le PAI (Projet d’Accueil Individualisé)
C’est quoi ? C’est le plan purement médical. Il n’a pas vocation à gérer les difficultés d’apprentissage, mais à gérer la santé de l’enfant à l’école.
- Pour qui ? Les enfants souffrant de maladies chroniques (asthme, diabète, épilepsie) ou d’allergies alimentaires.
- Qui le demande ? La famille, auprès du directeur.trice d’école ou du chef d’établissement.
- Concrètement : Il permet d’autoriser la prise de médicaments à l’école, de gérer les régimes à la cantine ou de prévoir un protocole d’urgence. Il est validé par le médecin scolaire.

L’avis de Dysficultes.fr : Si votre enfant est Dys, le PAI ne vous concerne pas pour ses apprentissages, sauf s’il a en plus une pathologie médicale.
3. Le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé)
C’est quoi ? C’est le dispositif « roi » pour les troubles des apprentissages légers à modérés qui ne nécessitent pas d’aide humaine (AESH) ou financière. C’est un document normalisé (le même partout en France) qui suit l’élève de la maternelle au lycée.
- Pour qui ? Les élèves avec des troubles durables des apprentissages (Dyslexie, Dyspraxie, TDAH, etc.).
- Qui le demande ? La famille (ou proposé par le conseil des maîtres/classe).
- La procédure :
- Vous fournissez un bilan médical (orthophoniste, psychomotricien, neuropédiatre…) attestant du trouble.
- Le médecin scolaire donne son avis.
- L’équipe pédagogique rédige le PAP en cochant les aménagements nécessaires.
- Concrètement : Il permet d’obtenir des aménagements pédagogiques : polycopiés aérés, tiers-temps aux examens, utilisation de l’ordinateur personnel, ne pas compter les fautes d’orthographe, etc.

L’avis de Dysficultes.fr : C’est souvent le premier plan à demander pour un enfant Dys. Il est plus simple et rapide à mettre en place qu’un dossier MDPH.
4. Le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation)
C’est quoi ? C’est le dispositif le plus complet et le plus « lourd ». Il relève du Handicap. Il ne se décide pas à l’école, mais à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).
- Pour qui ? Les élèves dont le trouble a un impact sévère sur le quotidien et la scolarité, nécessitant des moyens de compensation importants.
- Qui le demande ? La famille, en remplissant un dossier MDPH.
- La procédure : C’est long (4 à 12 mois). La CDAPH (la commission de la MDPH) décide si l’enfant relève du handicap et notifie les aides.
- Concrètement : Le PPS permet d’obtenir ce que le PAP ne permet pas.
Ainsi avec un PPS, il sera possible de demander :
– une aide humaine (AESH/AVS)
– du matériel pédagogique financé (ordinateur spécialisé, logiciels…)
– une orientation vers un dispositif spécialisé (ULIS, SEGPA …)
– des séances de soins (Sessad).

L’avis de Dysficultes.fr : Le PPS est obligatoire si vous avez besoin d’une AESH ou de matériel financé. L’école est obligée d’appliquer les décisions du PPS.
Le tableau comparatif pour décider
| Caractéristique | PPRE | PAI | PAP | PPS |
| Cible | Difficulté scolaire ponctuelle | Maladie / Allergie | Troubles Dys / TDAH (Durable) | Handicap (Impact sévère) |
| Qui décide ? | L’école (Directeur.trice) | Médecin Scolaire + Directeur.trice | Médecin Scolaire + Directeur.trice | La MDPH (Commission) |
| Objectif | Remise à niveau | Sécurité & Santé | Aménagements pédagogiques | Compensation du handicap |
| Exemples | Soutien, stage | Prise de médicaments | Tiers-temps, photocopies, ordi perso | AESH, Ordi financé, ULIS |
| Portée | Temporaire | Annuelle (reconductible) | Tout le long de la scolarité | Selon notification MDPH |

Conclusion : Par quoi commencer?
Si votre enfant a des difficultés persistantes :
- Faites les bilans (orthophonie, psychomotricité, bilan psy…). Sans bilan, pas d’aménagements officiels.
- Si le trouble est avéré mais que l’enfant est autonome : Demandez un PAP au directeur.rice de l’école. C’est souvent suffisant pour débloquer le Tiers-Temps et l’adaptation des cours.
- Si le trouble est sévère, que l’enfant a besoin de quelqu’un pour l’aider en classe ou d’un ordinateur très spécifique : Montez un dossier MDPH pour un PPS.
N’oubliez pas : ces plans ne sont pas gravés dans le marbre. Un enfant peut commencer avec un PPRE, passer au PAP, puis avoir besoin d’un PPS si la situation se complexifie (ou l’inverse !). L’important est le dialogue avec l’équipe enseignante.
Bien avancer avec les aménagements scolaires !
